Il y a encore quelques jours, j’ignorais presque tout du rugby à sept. Comme, j’imagine, la plupart de ceux qui ont regardé depuis les tribunes du stade de France ou à la télévision la finale olympique remportée par l’équipe de France le 27 juillet. Quelle belle découverte ! Quelle belle victoire de cette équipe d’inconnus entourant l’hypermédiatisé Antoine Dupont, brillant impact player de seconde mi-temps pour une médaille d’or olympique !
Ayant pratiqué il y a bien longtemps le rugby à XV, j’ai suivi avec constance son évolution avant et après sa professionnalisation. Non sans un peu de gêne. Je ne fais pas allusion ici à la cauchemardesque tournée de l’équipe de France en Argentine dont on ne retiendra malheureusement qu’une accusation de viol en réunion et une vidéo d’un joueur de talent tenant des propos racistes. Ma gêne n’est pas dans le champ du fait divers et elle est de plus longue haleine. Elle prend sa source dans la course à la puissance ; elle se nourrit de la vue de ses corps de joueurs tellement forts et musclés qu’ils en deviennent malsains. S’il faut louer le perfectionnement des règles et de l’arbitrage en matière de sécurité des joueurs, la course au gigantisme, à l’augmentation de l’homo rugbysticus interroge. Et même commence à faire peine à voir !
Regarder un match de rugby à sept fut un bain de fraîcheur. Des athlètes magnifiques mais aux proportions humaines, un jeu alerte et ample balayant le terrain sans presque aucun jeu au pied fastidieux, des temps de jeu brefs, de la vitesse, de l’adresse, de l’évitement plutôt que la charge frontale, quel plaisir ! Si j’étais plus jeune, j’irais… A sept, le rugby, c’est de l’or.



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